Plusieurs organisations politiques et sociopolitiques expriment de vives préoccupations concernant l’évolution du processus électoral en Haïti ainsi que la détérioration continue des conditions de vie de la population. Elles dénoncent des dérives institutionnelles, une insécurité persistante et des risques d’affaiblissement des garanties nécessaires à la tenue d’élections libres et crédibles.

Dans une déclaration conjointe, les organisations politiques et sociopolitiques signataires disent observer avec inquiétude l’incertitude grandissante qui entoure l’organisation des prochaines élections en Haïti. Elles évoquent également une situation sociale jugée critique, marquée par l’insécurité, la misère, le chômage et la montée de la violence des groupes armés.

Selon ces organisations, plusieurs décisions récentes du pouvoir exécutif soulèvent des interrogations quant à la neutralité du processus électoral. Elles affirment que des initiatives ont été prises afin d’influencer ou de renforcer le contrôle de l’appareil électoral par l’exécutif, ce qui, selon elles, compromettrait les principes d’indépendance et d’équité.
Elles critiquent notamment une tentative initiale de modification au sein du Conseil électoral provisoire (CEP), jugée contraire aux principes démocratiques, qui a finalement été abandonnée face à la contestation. Toutefois, elles estiment qu’une décision administrative ultérieure, relative à la nomination d’un directeur général doté de pouvoirs étendus, traduit une volonté persistante de contrôle institutionnel du processus électoral.
Les signataires évoquent également le décret électoral du 2 juin 2026, qu’ils considèrent comme une source majeure de préoccupation. Ils estiment que son contenu soulève des doutes sur la capacité réelle des autorités à organiser des élections inclusives, libres et transparentes dans les délais annoncés.
Par ailleurs, ils dénoncent la composition du gouvernement actuel, qu’ils jugent dominée par des proches politiques du pouvoir en place. Ils affirment que cette situation fragiliserait l’équilibre nécessaire à un processus électoral impartial, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire et économique persistante. Ils soulignent notamment l’extension du contrôle des groupes armés sur le territoire ainsi que la situation de près de deux millions de déplacés internes.
Les organisations signataires s’interrogent également sur certaines rencontres entre des responsables électoraux et des acteurs politiques proches du pouvoir, qu’elles considèrent comme un facteur supplémentaire alimentant les soupçons quant à l’impartialité du processus en cours.
Enfin, elles estiment que le soutien de certains partenaires internationaux au gouvernement actuel, malgré les critiques internes, contribue à affaiblir les exigences de transparence et de redevabilité dans la gestion de la crise.
Au regard de ces éléments, les organisations signataires appellent l’ensemble des forces vives de la nation — acteurs politiques, organisations de la société civile, organisations professionnelles, confessions religieuses et citoyens — à engager un dialogue inclusif et constructif. Selon elles, seule une telle démarche permettrait de restaurer la confiance, de prévenir l’aggravation de la crise et de créer les conditions d’élections crédibles, inclusives et démocratiques en Haïti.
Berlinda Jean Paul
Lentille Info
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