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Coopération

« Haïti ne demande ni la charité ni la pitié, mais la paix » : le cri de la ministre Dre Sandra Paulemon sur la tribune des Nations unies

À la session annuelle de la Commission de consolidation de la paix des Nations unies, la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Dre Sandra Paulemon, a choisi de ne pas s’en tenir aux statistiques pour décrire la situation du pays.

Prenant la parole au nom du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la titulaire du MPCE a préféré donner un visage humain à la crise sécuritaire qui ronge Haïti depuis plusieurs années.

Saluant l’engagement du Secrétaire général António Guterres, dont la récente visite en Haïti a été perçue comme un signal d’une attention renouvelée de la communauté internationale, la ministre a construit son intervention autour de deux trajectoires individuelles devenues symboliques : celle d’une jeune fille dont le rêve de devenir infirmière s’est effondré avec la fermeture de son école sous la pression de la violence, et celle d’un adolescent de treize ans recruté par un gang, à un âge où il aurait dû apprendre les mathématiques plutôt que manier les armes.

Ces deux histoires, a-t-elle insisté, ne sont pas des fatalités. Les femmes ne sont pas condamnées à demeurer des victimes, et les enfants ne naissent pas criminels ; ils le deviennent faute d’opportunités.

Ce constat a permis à la ministre Paulemon de défendre une vision selon laquelle la sécurité, bien qu’indispensable, ne constitue qu’une partie de l’équation. Elle l’a articulée autour de la justice, de l’emploi des jeunes, de la protection des femmes, du retour progressif de l’État sur l’ensemble du territoire et de la reconstruction de la confiance entre les citoyens et les institutions, un lien aujourd’hui fragilisé par des années d’insécurité et d’instabilité institutionnelle. Pour elle, les armes peuvent être réduites au silence par la force, mais seule une paix véritable peut redonner à une mère sa dignité ou à un père l’espoir de nourrir les siens.

La ministre a également insisté sur la nécessité d’articuler plus étroitement l’action humanitaire, la consolidation de la paix et le développement, trois leviers qu’elle considère comme indissociables pour espérer une stabilité durable. À ce titre, elle a renouvelé la reconnaissance du gouvernement envers la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix, dont les financements ont notamment soutenu les programmes de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de réduction de la violence communautaire, ainsi que l’agenda « Femmes, Paix et Sécurité » et plusieurs infrastructures communautaires à travers le pays.

L’intervention s’est conclue par un appel direct aux partenaires internationaux, formulé sans détour : « Haïti ne réclame ni la charité ni la pitié, mais la paix. » Un message qui résonne particulièrement à un moment où le pays cherche à rééquilibrer ses relations avec la communauté internationale, en passant d’une posture d’assistance à une logique de partenariat structurel autour de la sécurité et du développement.

Entre les couloirs feutrés du siège des Nations unies et les rues de Port-au-Prince, où se joue chaque jour le sort de milliers de jeunes Haïtiens, c’est désormais à la communauté internationale de transformer les mots en actes.

Ansytho Louis Jeune
LentilleInfo


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