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Politique

Haïti / Crise : « Concertation nationale » plaide pour la mise en place d’un espace de médiation en vue d’une nouvelle gouvernance crédible

 

La Concertation nationale (CN) dresse un constat sans concession de la situation sociopolitique et sécuritaire du pays. Cette structure lance un appel pressant à la mobilisation des institutions et des personnalités jugées capables d’influencer le cours des choses, à travers une note publiée le 1er juillet 2026.

Le document rappelle l’ampleur du drame humain qui se déroule en silence : plus d’un million et demi de compatriotes déplacés de force, et des millions d’autres dans l’incertitude quant à leur capacité de se nourrir dans les jours à venir. Face à ce tableau, la Concertation nationale dénonce un mutisme qu’elle juge à la fois institutionnel, international et collectif, et refuse de s’y résigner.

C’est dans cet esprit que l’organisation adresse une série d’appels ciblés. Elle sollicite d’abord la Conférence épiscopale d’Haïti et la Fédération protestante d’Haïti, dont la capacité de rassemblement a déjà fait ses preuves par le passé, afin qu’elles exercent une médiation morale claire et publique. Elle se tourne ensuite vers l’Université d’État d’Haïti, invitée à mettre son expertise et ses analyses au service du pays plutôt que de les confiner aux salles de conférence. Le patronat haïtien est également interpellé : la stabilité économique qu’il appelle de ses vœux, souligne la note, ne pourra se concrétiser sans un engagement actif en faveur de la stabilité politique.

La diaspora politique n’est pas épargnée par cet appel à la responsabilité. La Concertation nationale l’invite à dépasser la posture critique pour s’investir concrètement, par ses idées, ses réseaux et ses ressources, dans la construction d’une issue crédible. Quant à la communauté internationale, l’organisation lui adresse un message sans détour : l’accompagnement ne peut plus se limiter à des déclarations de préoccupation ou à des financements jugés insuffisants pour une force de sécurité sous-équipée. Haïti, insiste la note, n’a pas besoin de tutelle, mais d’un partenariat loyal et à la hauteur de l’urgence humanitaire et sécuritaire. L’inaction prolongée a déjà un coût que paient les enfants, les familles déplacées et les institutions du pays.

La Concertation nationale conclut en appelant à la formation immédiate d’un espace commun de médiation, accepté et supervisé par la population elle-même, et non imposé d’en haut ou de l’extérieur. Elle tend la main à toutes les institutions et personnalités citées pour ouvrir, sans délai, un dialogue structuré.

Haïti ne sombrera pas par manque de solutions, mais par manque de courage collectif pour les mettre en œuvre.

Ansytho Louis Jeune
LentilleInfo


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