Plusieurs structures politiques agréées ont adressé, ce lundi 24 août 2026, une note de protestation au Gouvernement, au Conseil électoral provisoire (CEP) et à l’opinion publique, dénonçant une série de dérives constatées depuis l’ouverture du dépôt des candidatures.
Les signataires, qui affirment avoir rempli toutes les conditions d’agrément fixées par le Conseil le 14 août et pris part aux séances de travail des 20 et 21 août, disent agir au nom même de leur engagement dans le processus en cours.
Le document pointe d’abord un calendrier d’exécution en huit étapes, remis aux structures agréées seulement les 20 et 21 août, soit le lendemain de l’ouverture du dépôt des candidatures, alors que l’inscription en ligne était déjà lancée. Selon la note, les échéances internes, notamment la clôture de l’inscription en ligne le 3 septembre et le dépôt des pièces requises au plus tard le 9 septembre, n’auraient fait l’objet d’aucune publication préalable, contraignant les structures à découvrir ces délais après coup.
Les signataires évoquent également des défaillances techniques persistantes sur la plateforme d’inscription en ligne des candidats depuis son ouverture, sans qu’aucune procédure de substitution n’ait été notifiée, alors même que la phase en ligne reste enfermée dans un délai de quinze jours.
S’y ajoute l’exigence de trente mille membres introduite dans le décret électoral pour habiliter une structure à présenter des candidats. Les signataires jugent cette condition dépourvue d’une procédure de mise en œuvre claire, estimant que les articles 131 et 132 du décret ne sont pas respectés par le CEP.
La note dénonce en outre la conduite simultanée de plusieurs opérations sensibles, notamment l’inscription des électeurs, le dépôt et le traitement des candidatures ainsi que la validation des listes de membres, par la même administration, alors que leur sincérité supposerait une exécution séquentielle. Elle relève enfin une opacité persistante autour de l’inscription des électeurs, initiée depuis le 20 juillet. Les compteurs du site du CEP demeurent à zéro, tandis que la seule donnée disponible aurait été publiée le 18 août par une correspondante d’un journal étranger.
Pour les signataires, l’accumulation de ces dérives crée une insécurité juridique et opérationnelle qui décrédibilise le processus, rompt l’égalité des chances entre les structures et nourrit la suspicion d’un processus subi plutôt que partagé.
Ils formulent six demandes : la publication sans délai de la procédure de validation des listes de membres, la mise en séquence du quota de trente mille membres avec le dépôt des candidatures, la publication du calendrier général sur le site du CEP, la correction des défaillances techniques avec une voie de substitution, la publication régulière des effectifs d’inscription par département et l’examen des dispositions du décret électoral de juin 2026 jugées incompatibles avec des élections démocratiques, notamment les articles 57, 58, 59, 153, 157, 387 et 388.
La note est signée par le Groupement KARAB (Jean Gué), le Parti Organisation du Peuple en Lutte (OPL) (Ketel Jean Philippe) et le Parti Rasanble (Joseph Innocent).
Ansytho Louis Jeune
LentilleInfo
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