28°C Port-au-Prince
Politique

Haïti/Politique : UNIR favorable aux élections, mais pas à n’importe quel prix

Le parti politique Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (UNIR) se déclare favorable à la tenue des élections en Haïti, mais refuse catégoriquement qu’elles soient organisées à n’importe quel prix, sans garanties minimales de sécurité, d’inclusion, de transparence et d’intégrité.

Dans une note de conjoncture publiée le 26 août 2026, la formation politique alerte sur le risque que l’organisation des élections dans de telles conditions produise non pas une stabilisation, mais une nouvelle crise de légitimité.

Pour la formation politique, l’enjeu dépasse le simple scrutin de 2026. Il s’agit de savoir si ces élections permettront enfin à Haïti de sortir de la crise de légitimité ou si elles deviendront le point de départ d’une nouvelle crise nationale.
Cette prise de position intervient face à une double crise majeure, à la fois sécuritaire et institutionnelle. Selon le dernier rapport du BINUH, 1 408 personnes ont été tuées et 656 blessées entre avril et juin 2026. L’urgence sécuritaire nationale a été illustrée une nouvelle fois par le massacre de Kenscoff, survenu les 23 et 24 août, ayant fait au moins 47 morts, 22 blessés et plus de 50 personnes enlevées, d’après les informations de l’ONU et des agences de presse.

Le parti résume sa position par la formule : « Élections oui, mais élections crédibles ». S’il réaffirme son attachement au principe démocratique, l’UNIR précise qu’il refuse que le scrutin soit organisé dans les conditions actuelles, sans réponses concrètes aux problèmes de fond.

Sur le plan sécuritaire, les groupes armés conservent une capacité importante à attaquer des zones urbaines et périurbaines, à se déplacer d’un territoire à l’autre, à terroriser les populations civiles, à provoquer des déplacements massifs, à perturber les activités économiques, à réaliser des enlèvements et à remettre en cause l’autorité de l’État. Dans ces conditions, l’UNIR s’interroge ouvertement sur la manière dont les candidats pourront faire campagne.

Face à ce constat, l’UNIR exige que la protection de la population soit placée au centre de l’action gouvernementale. Le parti souligne explicitement que les populations de Kenscoff, de l’Artibonite, de la Plaine du Cul-de-Sac, de Cité Soleil et des autres zones affectées ne peuvent pas être considérées comme une variable secondaire du processus électoral.

Pour éviter une nouvelle crise nationale, le gouvernement doit reprendre l’initiative sur le terrain sécuritaire et le Conseil électoral provisoire (CEP) doit garantir son indépendance ainsi que la transparence du processus. De leur côté, les partis politiques doivent participer au contrôle démocratique et la société civile doit exercer son rôle de vigilance, a souhaité le parti dirigé par Clarens Renois.

Tessie O. Blanchard
LentilleInfo


En savoir plus sur Lentille Info

Subscribe to get the latest posts sent to your email.