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Haïti/Élections : le BUCREL s’interroge sur la capacité des autorités électorales à respecter l’échéance du 13 décembre

À un peu plus de trois mois du scrutin du 13 décembre 2026, le processus électoral haïtien s’enfonce dans une zone de fortes turbulences. Dans une note d’observation publiée ce jeudi, le Bureau de consultation et de recherches en légistique (BUCREL) tire la sonnette d’alarme. Il affirme que la récente décision du Conseil électoral provisoire (CEP) de prolonger plusieurs étapes clés fragilise l’ensemble du calendrier et fait peser des risques juridiques sur les élections.

Le réaménagement annoncé le 2 septembre par le CEP repousse la clôture des inscriptions en ligne au 20 septembre et la publication de la liste définitive des candidats agréés au 14 octobre. Il en résulte un chevauchement critique sur le plan juridique, puisque la campagne électorale reste programmée pour démarrer le 5 octobre prochain, fait remarquer le BUCREL.

« La campagne officielle s’ouvrira alors que les recours et contestations seront encore en cours, ce qui permettra à des candidats de faire campagne pendant plus d’une semaine avant d’être potentiellement rejetés par les organes du contentieux électoral », s’interroge cette structure de la société civile.

Sur le terrain, le bilan de l’enregistrement des citoyens s’avère tout aussi préoccupant. Après plus de 45 jours d’opérations sur les 86 prévus, moins de 450 000 électeurs ont pu être enregistrés sur un potentiel de 6,5 millions estimé par l’Office national d’identification (ONI).

Cette lenteur s’explique par l’insécurité persistante et la violence des groupes armés dans plusieurs départements, des facteurs qui paralysent le déploiement des Centres d’inscription et de vote (CIV) tout en restreignant fortement la mobilité des citoyens.

Pour le BUCREL, sans un redressement rapide du rythme des inscriptions, c’est l’inclusivité même du scrutin et la légitimité du futur gouvernement qui seront remises en cause.
En plus de ces difficultés matérielles sur le terrain, le BUCREL relève un manque de transparence concernant certaines décisions politiques. Le calendrier électoral maintient au 13 décembre une ratification populaire portant sur des amendements à la Constitution, alors même qu’à trois mois de l’échéance, le texte des propositions d’amendements n’a toujours pas été rendu public.

Le BUCREL rappelle qu’une consultation populaire exige un débat public préalable et un temps d’appropriation citoyenne, deux conditions aujourd’hui totalement absentes.
Sans conclure à l’impossibilité de respecter les délais, cette organisation, dirigée par l’ancien ministre de la Justice et de la Sécurité publique et ancien conseiller électoral, Me Carlos Hercule, invite le CEP à dresser un bilan de vérité.

Dans cette note d’observation, l’institution demande la publication immédiate d’un état consolidé de l’exécution du processus, présentant l’avancement réel des opérations électorales, le nombre exact de centres d’inscription fonctionnels ainsi que l’impact des retards accumulés.
Selon le BUCREL, la transparence reste la seule voie permettant d’éviter une crise électorale et de restaurer la confiance des citoyens.

Tessie O. Blanchard
LentilleInfo

 


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