La crise politique haïtienne franchit un nouveau seuil de tension après l’annonce du report du calendrier électoral, repoussant désormais le premier tour des élections présidentielles et législatives au 18 juillet 2027 et le second tour au 4 octobre 2027. Dans une note de conjoncture rendue publique, le parti politique INIFOS a exprimé sa « profonde indignation » face à cette décision. Selon cette formation politique, ce nouveau report traduit l’incapacité manifeste des autorités actuelles à rétablir le climat de sécurité indispensable à l’organisation d’élections crédibles, inclusives et démocratiques.
Cette prise de position s’inscrit également dans le prolongement d’une succession d’échecs institutionnels qui paralysent l’administration du pays depuis plusieurs années, selon INIFOS. Le parti rappelle, en effet, que le gouvernement d’Ariel Henry avait été contraint de quitter le pouvoir le 24 avril 2024 sans avoir pu enrayer la violence des gangs ni amorcer le retour à l’ordre constitutionnel. Il souligne également que le Conseil présidentiel de transition (CPT) a achevé son mandat le 7 février 2026 sans avoir accompli sa mission.
Ayant participé à la gouvernance aux côtés du CPT, avant de maintenir son administration au-delà de cette échéance, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est aujourd’hui directement mis en cause pour son incapacité à apporter des réponses concrètes aux urgences nationales, souligne le parti.
Face à ce constat, INIFOS réclame fermement le départ du chef du gouvernement et de l’ensemble de son équipe ministérielle. Le parti appelle également les forces vives de la nation, notamment les partis politiques, les regroupements et les organisations de la société civile, à engager des concertations pacifiques d’urgence.
Refusant que la nation reste prisonnière d’une transition perpétuelle et stérile, INIFOS rappelle que le peuple haïtien ne saurait être privé plus longtemps de la stabilité, de la sécurité et de son droit souverain de choisir ses dirigeants. En repoussant les élections à 2027, le pouvoir en place ne fait pas que gagner du temps : il risque aussi de compromettre définitivement le peu de confiance qui lui reste.
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