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Politique

Haïti/Crise : des acteurs nationaux cherchent une solution pour gérer le pays après le 7 juin

Dans le cadre des Assises 2026, un forum tenu du 28 au 30 mai 2026 a réuni plusieurs juristes et universitaires autour de la crise institutionnelle haïtienne. Les participants ont appelé à un nouveau consensus national, fondé sur la gouvernance, la sécurité et l’organisation d’élections crédibles, dans un contexte marqué par une forte instabilité politique.
Organisé dans le cadre des Assises 2026, ce forum de réflexion a rassemblé des personnalités du monde juridique et académique autour d’une question centrale : comment reconstruire un cadre institutionnel stable, pensé et dirigé par les Haïtiens eux-mêmes ?
Parmi les intervenants figuraient les avocats et professeurs de droit Price Cyprien, Sonel Saint-Louis, Romuald Petit et Éphésien Joassaint, sous la modération de Jean Jules Desauguste. Tous ont partagé un constat commun : la crise actuelle exige une refondation politique urgente et concertée.
Un diagnostic partagé de la crise institutionnelle
Pour Price Cyprien, la situation actuelle traduit un abandon progressif de la Constitution et une montée de l’anarchie institutionnelle. L’ancien député  plaide pour un retour à la légalité à travers un consensus politique large, incluant un exécutif renforcé articulé autour d’un modèle Président–Vice-président.
De son côté, Sonet Saint-Louis évoque une « désertification constitutionnelle » aggravée depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse. Il critique un système qualifié de « monstre bicéphale inversé », où le Premier ministre concentre l’essentiel du pouvoir. Il propose un retour au bicéphalisme classique, avec un rôle central confié à la Cour de cassation pour garantir neutralité et équilibre.
Des propositions pour sortir de l’impasse
Romuald Petit a rappelé que le pays traverse depuis plus de quarante ans une succession de crises politiques, de coups d’État et de pratiques de corruption. Il estime qu’après le 7 juin, la légitimité des autorités en place sera encore plus fragilisée. Il propose la mise en place d’un président issu d’un accord politique et d’un Premier ministre de consensus, chargé principalement d’organiser les prochaines élections.
Pour Éphésien Joassaint, aucune gouvernance durable n’est possible sans une justice forte et la fin de l’impunité. Il appelle également à un nouveau pacte politique impliquant des acteurs crédibles et engagés dans une logique de responsabilité nationale.
Vers un « contrat haïtien » pour refonder l’État
Au terme des échanges, un consensus s’est dégagé entre les intervenants en faveur du retour à un système bicéphale exécutif (Président et Premier ministre), considéré comme une piste de stabilisation institutionnelle. Le forum a également souligné l’importance de la date du 7 juin, perçue comme une échéance juridique et politique majeure.
Les participants insistent sur la nécessité d’un nouvel accord politique global, capable de restaurer la légitimité des institutions, de rétablir la confiance et de permettre l’organisation d’élections crédibles. L’objectif affiché est clair : poser les bases d’un « contrat haïtien » susceptible de sortir durablement le pays de la crise.
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