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Environnement

Haïti : le ministère de l’Environnement resserre l’étau autour de l’exploitation des carrières de sable

Le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé, a procédé ce mardi, à Laboule 12, au lancement de la deuxième phase des mesures gouvernementales visant à mettre fin à l’exploitation anarchique des carrières de sable dans les zones de Pèlerin, Laboule, Boutilliers et Kenscoff. Cette intervention marque une nouvelle étape dans la volonté affichée par l’État de reprendre le contrôle d’espaces écologiquement fragiles, longtemps soumis à une pression humaine et économique croissante.

 

Entouré d’un important dispositif institutionnel comprenant le délégué et le vice-délégué départementaux de l’Ouest, le directeur général de l’Agence nationale des aires protégées, le maire de Kenscoff, des maires adjoints de Pétion-Ville, le commissaire de police de Pétion-Ville ainsi que des cadres du Bureau national d’évaluation environnementale, le ministre a réaffirmé la détermination des autorités à freiner la dégradation accélérée des bassins versants surplombant la capitale. Cette démarche s’inscrit dans la ligne tracée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui entend restaurer l’autorité de l’État tout en assurant une gestion responsable des ressources naturelles, conformément aux dispositions constitutionnelles et au cadre légal régissant l’environnement.

 

Concrètement, depuis le 16 juin et pour une période initiale de trente jours, l’accès des camions transportant du sable vers ces zones est désormais formellement interdit. Un dispositif conjoint de surveillance sera déployé à l’entrée de Laboule 12, associant l’Agence nationale des aires protégées, la Direction de l’inspection et de la surveillance environnementale, la Direction départementale de l’environnement de l’Ouest, la Police nationale d’Haïti ainsi que les mairies et les CASEC concernés. Parallèlement, le Bureau des mines et de l’énergie procédera à une cartographie exhaustive des sites d’extraction, tandis que le Bureau national d’évaluation environnementale mènera une évaluation approfondie de leurs impacts environnementaux et sociaux.

 

Les conclusions de ces travaux techniques pourraient déboucher sur des mesures plus radicales, notamment la fermeture définitive des sites jugés menaçants pour l’environnement, la sécurité des populations ou l’intérêt général. Au-delà de la dimension réglementaire, cette opération révèle un enjeu plus profond : celui de la capacité de l’État à concilier les impératifs économiques locaux et la préservation d’un patrimoine naturel dont dépend, en grande partie, la résilience de Port-au-Prince face aux catastrophes naturelles. Les prochaines semaines diront si cette interdiction temporaire marque le début d’une transformation durable ou simplement une pause dans un cycle d’exploitation difficile à enrayer.

 

Ansytho Louis Jeune
LentilleInfo


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