Le Mouvement de la Société Civile Haïtienne (MSCH) appelle à une nouvelle approche de la transition politique en Haïti. Dans un communiqué daté du 11 septembre 2026, le mouvement estime que les mécanismes de dialogue et les différentes transitions engagées depuis 2021 doivent faire l’objet d’une évaluation sérieuse. Le MSCH formule cinq propositions qui portent notamment sur le dialogue national, la sécurité, les élections et les causes structurelles de la crise.
Le MSCH réclame une évaluation des mécanismes de transition
Le Mouvement de la Société Civile Haïtienne demande une évaluation politique et technique des différents mécanismes de transition, accords et initiatives de dialogue mis en œuvre depuis 2021.
Cette évaluation doit mesurer les objectifs fixés, les résultats obtenus et les ressources mobilisées. Elle doit également identifier les responsabilités engagées et les raisons des échecs constatés.
Le MSCH souhaite aussi repenser le mécanisme de dialogue national. Le mouvement demande un dialogue plus inclusif, plus transparent et davantage orienté vers les résultats.
Selon le MSCH, le prochain mécanisme doit reposer sur des objectifs précis et des échéances vérifiables. Il doit également prévoir des responsabilités clairement définies et des mécanismes de reddition de comptes.
Plusieurs organisations de la société civile appuient cette démarche. Le communiqué cite notamment l’Union Nationale des Normaliens et Educateurs d’Haïti (UNNOEH), l’Alliance des Femmes pour le Développement Économique du Sud (AFDES) et le Regroupement des Organisations de la Société Civile du Sud (ROSOCIS) parmi les structures signataires.
La sécurité et les élections au cœur des propositions
Le MSCH considère que la sécurité doit devenir une condition préalable à toute transition politique en Haïti.
Le mouvement propose une stratégie intégrée qui associe la Police nationale d’Haïti (PNH), les Forces armées d’Haïti (FAd’H) et les partenaires internationaux.
Cette stratégie doit renforcer le renseignement et le contrôle des frontières. Elle doit également lutter contre le trafic d’armes et démanteler les réseaux criminels.
Le MSCH veut aussi sécuriser les infrastructures essentielles et renforcer la protection des populations civiles.
Le mouvement place également les élections au centre de sa nouvelle approche. Il considère que le retour à la légitimité démocratique doit rester un objectif essentiel pour le pays.
Le MSCH appelle ainsi à renforcer l’indépendance, la capacité technique et la crédibilité de l’administration électorale. Il réclame également un processus électoral transparent, inclusif, accessible et sécurisé.
La Centrale Autonome des Travailleuses et Travailleurs Haïtiens (CATH), la Coalition des Organisations de la Diaspora Haïtienne (COODAH) et le Collectif des Organisations du Grand Nord (COOR-GN) figurent également parmi les organisations associées au communiqué.
Le MSCH appelle à s’attaquer aux causes profondes de la crise
Le Mouvement de la Société Civile Haïtienne estime que la gestion permanente de l’urgence ne suffit plus à résoudre la crise haïtienne.
L’organisation appelle à agir contre l’impunité et la corruption. Elle demande également des mesures contre le financement des groupes armés et le trafic d’armes.
Le MSCH veut aussi s’attaquer à la faiblesse de la justice, à la pauvreté et à l’exclusion sociale. Il cite également le chômage des jeunes et l’effondrement des services publics parmi les problèmes structurels auxquels Haïti doit répondre.
Le mouvement reconnaît les efforts réalisés par les acteurs haïtiens et internationaux. Il estime toutefois que la gravité de la situation impose désormais une analyse sans complaisance.
Cette structure invite la CARICOM, les Nations Unies, les partenaires internationaux, les autorités haïtiennes et les organisations politiques à réfléchir à l’efficacité des mécanismes actuels.
La Plateforme des Organisations de la Société Civile des Nippes (PLASONIP), le Mouvement des Jeunes Intègres pour le Développement de Marigot (MOJIDMA) et la Coordination des Organisations pour Sauver l’Environnement du Nord-Ouest (COSENO) figurent aussi parmi les organisations signataires du communiqué.
Pour le MSCH, Haïti ne peut plus multiplier les rencontres, les accords et les transitions sans mesurer leurs résultats. Le mouvement appelle donc à tirer les leçons des expériences passées et à changer de méthode lorsque les mécanismes utilisés ne produisent pas les résultats attendus. Le MSCH estime que la prochaine étape ne doit pas être simplement une nouvelle transition, mais une nouvelle approche capable de renforcer l’État, d’améliorer la sécurité, de garantir la justice, de fournir les services essentiels et d’organiser des élections crédibles.
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