Dans le cadre de la 11e édition du Festival international Handicap & Culture, une causerie a été organisée autour de la loi du 3 juillet 2018 portant sur les normes d’accessibilité de l’environnement bâti. Les échanges ont porté sur les obstacles rencontrés par les personnes handicapées et sur la nécessité de rendre les espaces publics accessibles à tous.

Le Centre culturel Pyepoudre a accueilli cette causerie organisée dans le cadre de la 11e édition du Festival international Handicap & Culture. Plusieurs participants ont pris part à cette activité consacrée aux normes d’accessibilité et aux droits des personnes handicapées en Haïti.
La séance a été modérée par Bedjoane Surface, éducatrice et présidente de la FHAA. Eddy Lemaire, éducateur et chef du service de l’éducation inclusive de la SHAA, est intervenu pour expliquer les notions de déficience, d’incapacité et de handicap, ainsi que l’évolution des approches utilisées pour comprendre cette réalité.
Selon les explications présentées, le handicap ne dépend pas uniquement de la condition physique ou intellectuelle d’une personne. Il résulte également des obstacles présents dans son environnement. L’absence de rampes d’accès, les escaliers, les couloirs inadaptés, le manque de signalisation et l’absence d’informations accessibles peuvent empêcher les personnes handicapées de se déplacer et de participer pleinement à la vie sociale.
L’intervenant a également rappelé l’évolution des modèles d’approche du handicap. Alors que le modèle caritatif privilégiait l’assistance et que le modèle médical mettait l’accent sur les soins, le modèle social insiste sur la responsabilité de la société dans la suppression des barrières. Quant à l’approche interactionniste, elle prend en compte les relations entre les limitations d’une personne et son environnement.
Les échanges ont également mis en évidence l’importance de l’accessibilité universelle. Celle-ci vise à permettre à toute personne, quelles que soient ses limitations fonctionnelles, d’accéder aux bâtiments, aux services, aux informations et aux espaces publics en toute sécurité et de manière autonome.
Dans cette perspective, l’ensemble de la chaîne de déplacement doit être accessible. Les trottoirs, les entrées des bâtiments, les portes, les couloirs, les sanitaires et les équipements doivent être adaptés aux besoins des personnes en situation de handicap. Une seule barrière peut compromettre l’accès à un service ou empêcher une personne de se déplacer librement.
Par ailleurs, les intervenants ont souligné l’importance de lutter contre les préjugés, la discrimination et les comportements stigmatisants. Ils ont insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation et la formation des professionnels, des institutions et de la population afin de favoriser l’inclusion des personnes handicapées dans les écoles, les universités, les administrations, les établissements culturels et les autres espaces de la vie collective.
La discussion a également mis en avant la responsabilité de l’État dans l’application des normes d’accessibilité. La loi du 3 juillet 2018 constitue une référence importante dans ce domaine. Toutefois, les participants ont souligné la nécessité de mieux faire connaître les dispositions légales, de renforcer les capacités des acteurs concernés et de veiller à leur application dans les constructions et les services publics.
Cette causerie a rappelé que l’accessibilité constitue une condition essentielle à l’autonomie, à la participation et à l’inclusion des personnes handicapées. À travers cette activité, la 11e édition du Festival international Handicap & Culture contribue à mettre en lumière les défis liés à l’application des normes d’accessibilité en Haïti et la nécessité d’une mobilisation collective pour garantir les droits de tous.
Berlinda Jean Paul
Lentille Info
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