Le Mouvement de la Société civile haïtienne (MSCH) critique la gestion du processus électoral par le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP). Dans une note de presse publiée le 27 octobre 2026, l’organisation dénonce les modifications répétées du décret électoral, les reports successifs du calendrier et l’absence de garanties sécuritaires. Elle appelle les autorités à clarifier leurs responsabilités et à publier un calendrier électoral réaliste.
Le MSCH critique l’instabilité du processus électoral
Le Mouvement de la Société civile haïtienne exprime sa profonde préoccupation face aux incertitudes qui entourent l’organisation des prochaines élections en Haïti. L’organisation estime que le gouvernement peine à réunir les conditions nécessaires à la tenue du scrutin. Elle reproche également au Conseil électoral provisoire son manque de cohérence dans la mise en œuvre des opérations électorales.
Le MSCH pointe notamment les changements successifs du cadre légal depuis la publication du décret électoral du 1er décembre 2025. Le gouvernement a remplacé ce texte par un nouveau décret le 2 juin 2026, avant d’y apporter des modifications les 2 juillet et 6 octobre 2026. Pour l’organisation, cette succession de changements soulève des interrogations sur la qualité de la planification et la capacité des autorités à conduire le processus dans un cadre stable, transparent et prévisible.
L’organisation rappelle que le gouvernement doit garantir les conditions sécuritaires, administratives et matérielles nécessaires aux élections. Elle souligne également que le CEP doit assurer une planification rigoureuse, une communication claire et une gestion cohérente des opérations relevant de son mandat.
Le MSCH attire aussi l’attention sur les conséquences des reports successifs enregistrés dans le calendrier électoral pour les candidats et les partis politiques. Cette incertitude complique notamment la situation des fonctionnaires candidats, qui doivent prendre des dispositions de mise en disponibilité, ainsi que celle des agents exécutifs intérimaires appelés à démissionner.
Selon l’organisation, cette situation risque de créer des inégalités entre les candidats en raison des conséquences professionnelles, administratives et financières qu’elle entraîne.
L’insécurité, un obstacle majeur à la tenue des élections
Au-delà des difficultés organisationnelles, le MSCH considère l’insécurité persistante comme l’un des principaux obstacles à la tenue d’élections crédibles et inclusives en Haïti. L’organisation évoque notamment les déplacements forcés de populations et les difficultés d’accès à plusieurs territoires.
Elle reproche au gouvernement de ne pas avoir engagé suffisamment d’actions décisives pour rétablir un climat de sécurité favorable à l’organisation du scrutin, malgré le temps dont il a disposé durant son mandat.
Le mouvement estime que les autorités auraient dû profiter de cette période pour renforcer les dispositifs de sécurité, reprendre le contrôle des zones affectées par la violence des gangs et garantir progressivement la libre circulation des citoyens.
Face à cette situation, le MSCH demande au gouvernement de présenter des mesures concrètes, coordonnées et vérifiables pour sécuriser le processus électoral. Il invite également le CEP à préciser les conditions opérationnelles nécessaires à chaque étape du processus et à informer régulièrement la population de l’état d’avancement des préparatifs.
Pour sortir de cette impasse, le Mouvement de la Société civile haïtienne appelle le gouvernement et le CEP à stabiliser les règles électorales et à clarifier leurs responsabilités. L’organisation réclame également une concertation transparente avec les partis politiques et les organisations de la société civile. Elle affirme qu’elle poursuivra sa mission de veille citoyenne jusqu’à l’établissement des conditions nécessaires à des élections crédibles, transparentes et inclusives.
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