ONU : le PM Fils-Aimé appelle à soutenir davantage le déploiement de la FRG en Haïti
Le chef du gouvernement plaide devant le Conseil de sécurité pour un appui renforcé contre les gangs et le retour à l’ordre constitutionnel

En mission officielle aux États-Unis, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a pris la parole lors d’une session spéciale du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce jeudi 23 avril 2026, pour exposer la stratégie de son gouvernement face à la crise sécuritaire. Entre avancées sur le terrain et besoins urgents, il a lancé un appel pressant à la solidarité internationale.
Le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a porté un message sans ambiguïté devant le Conseil de sécurité des Nations Unies : Haïti est déterminée à sortir de la crise, mais a besoin d’un appui international renforcé.
« L’heure du rassemblement a sonné, l’État reprend sa place, Haïti ne périra pas », a déclaré le chef du gouvernement, reprenant un message déjà adressé à la nation le 7 février dernier.
Cette intervention intervient dans la foulée du déploiement de la force de répression des gangs, lancé le 1er avril, une initiative soutenue par la communauté internationale.
Le Premier ministre a salué les efforts du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ainsi que le rapport publié le 14 avril 2026, qui met en lumière la complexité de la crise et la résilience du peuple haïtien. Il a également remercié le représentant spécial en Haïti, Carlos Massieu, pour son travail.
Trois priorités pour rétablir l’État
Face aux membres du Conseil, Alix Didier Fils-Aimé a rappelé les trois priorités de son gouvernement : restaurer l’autorité de l’État, protéger la population et préparer le retour à un ordre constitutionnel.
« Sans sécurité, aucun développement n’est possible », a-t-il insisté.
Sur le terrain, le chef du gouvernement a évoqué des progrès « concrets », avec la reprise progressive de plusieurs zones de la capitale par les forces de sécurité. Une reprise encore timide de la vie économique et sociale y est observée.
Le renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) constitue un axe central de cette stratégie. Le projet P4000 prévoit l’intégration de 4 000 policiers d’ici fin 2026. Déjà, 877 agents sont opérationnels, tandis que 1 200 autres devraient être déployés d’ici juin.
Du côté des Forces armées d’Haïti, le Premier ministre a également annoncé une montée en puissance, avec 338 nouveaux soldats récemment formés et plusieurs centaines attendus dans les mois à venir.
Une montée en puissance sécuritaire en cours
Selon Alix Didier Fils-Aimé, plus de 700 militaires supplémentaires pourraient être intégrés dans les six prochains mois. Ils viendront renforcer les 200 soldats déjà mobilisés pour sécuriser les zones reprises, constituant ainsi le premier bataillon des troupes de choc de l’armée de terre.
Parallèlement, une nouvelle doctrine pour les Forces armées d’Haïti est en cours d’élaboration, avec un appui technique sollicité auprès de l’Organisation des États américains (OEA). Un groupe de travail réunissant juristes et experts en défense est déjà à l’œuvre.
Malgré ces avancées, le Premier ministre a reconnu que les besoins restent considérables. Il a ainsi soutenu les recommandations du Secrétaire général de l’ONU visant à renforcer la mission internationale en Haïti.
« Le déploiement de la force de répression des gangs doit s’opérer sans délai », a-t-il insisté.
Urgence sécuritaire et impératif humanitaire
Tout en intensifiant les opérations, Alix Didier Fils-Aimé a assuré que le respect des droits humains reste une exigence fondamentale.
« Des mesures sont prises pour protéger les civils et éviter tout abus », a-t-il déclaré.
Un message ferme a été adressé aux groupes armés : « La justice sera appliquée dans le respect de la dignité humaine et des lois en vigueur. »
Sur le plan stratégique, deux grands corridors ont été identifiés comme prioritaires : le Grand Sud et la région des Palmes, ainsi que le Haut Plateau central et l’Artibonite, afin de rétablir la circulation, soutenir l’économie et renforcer la présence de l’État.
Face aux déplacements massifs de population, le chef du gouvernement a annoncé le lancement d’un programme de retour volontaire vers les quartiers d’origine, dans le but de restaurer la stabilité des familles.
Élections et diplomatie régionale
En parallèle, Alix Didier Fils-Aimé a affirmé que des avancées sont en cours dans la préparation des élections, notamment en ce qui concerne le cadre légal, l’inscription des partis politiques et le budget électoral.
« Notre objectif demeure inchangé : restaurer la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques », a-t-il souligné.
Sur le plan diplomatique, il s’est également félicité de la reprise du dialogue avec la République dominicaine, basé sur « le respect mutuel et une coopération pacifique ».
En conclusion, le Premier ministre haïtien a lancé un appel direct au Conseil de sécurité et aux Nations Unies pour un soutien accru, rapide et concret, notamment sur le plan logistique.
« Le peuple haïtien ne demande pas de charité, mais la solidarité et les moyens de reconstruire son avenir », a-t-il déclaré.
Dans un message empreint de résilience, Alix Didier Fils-Aimé a conclu :
« Haïti résiste, Haïti se relève, Haïti vivra. »
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