Affaire Moïse : À la Cour d’appel, Claude Joseph tente de se disculper en accusant d’autres acteurs politiques et/ou économiques

Alors qu’il a comparu devant la Cour d’appel de Port-au-Prince dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, l’ancien Premier ministre Claude Joseph a pointé du doigt d’autres figures influentes du paysage politique et économique haïtien.
Inculpé dans l’ordonnance du juge d’instruction Walter Wesser Voltaire relative à l’assassinat du 58e président haïtien, Jovenel Moïse, survenu il y a quatre ans, le 7 juillet 2021, en sa résidence privée à Pèlerin, il a contesté cette décision en interjetant appel.
L’ancien locataire de la Primature sous la présidence du défunt chef de l’État a donc formellement contesté la décision du magistrat instructeur.
Répondant aux interrogations des juges de la Cour d’appel de la capitale sur le magnicide survenu dans la nuit du 7 juillet 2021, l’ex-collaborateur de Jovenel Moïse s’est défendu en accusant des acteurs de la scène politique et du secteur privé des affaires. Il les soupçonne d’implication dans le crime.
Pour des observateurs avisés de la réalité politique haïtienne, ces accusations s’apparentent à une manœuvre de diversion visant à minimiser sa propre responsabilité, alors qu’il est formellement inculpé dans cette affaire.
En sa qualité de président du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) au moment des faits, Claude Joseph n’a pas échappé aux critiques pour ne pas avoir pris toutes les dispositions nécessaires afin d’empêcher les assassins d’ôter la vie au chef d’État haïtien.
Parallèlement, certains rappellent son passé controversé, notamment la nomination de Marc Jameley Jean Baptiste à la tête de l’Office National d’Assurance (ONA). Incarcéré depuis quelques mois pour corruption, Marc Jameley Jean Baptiste était soutenu par un réseau d’influence dans lequel figurait une proche de Claude Joseph, alors directrice générale adjointe de l’institution.
À la lumière de ces éléments, plusieurs voix remettent en question la crédibilité de l’ancien chef du gouvernement. Pour ses détracteurs, l’ancien ministre des Affaires étrangères ne dispose d’aucune légitimité pour accuser d’autres responsables. Sa posture actuelle, selon eux, serait davantage dictée par une volonté de se blanchir que par une réelle quête de vérité.
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