Politique
Fin de mandat du CPT : Smith Augustin plaide pour une solution haïtiano-haïtienne pour l’après-7 février
À l’approche du 7 février, échéance présentée comme déterminante pour le Conseil présidentiel de transition (CPT), le conseiller-président Smith Augustin défend une ligne qu’il veut à la fois réaliste et fédératrice. Selon lui, la sortie de crise ne saurait être importée ni imposée de l’extérieur : elle doit émaner des Haïtiens eux-mêmes, reposer sur l’inclusion de tous les acteurs et s’inscrire dans la poursuite du renforcement des forces de sécurité ainsi que du processus électoral.

Pour Smith Augustin, l’enjeu majeur ne réside pas dans une remise en cause radicale de l’ordre transitoire, mais dans la sauvegarde du dialogue politique, qu’il considère comme un rempart essentiel contre une nouvelle dérive institutionnelle. Il estime que la concertation nationale demeure possible, pourvu que les protagonistes consentent à dépasser les logiques de rivalités personnelles et les ambitions particulières.

Les discussions relatives à l’après-7 février se déroulent dans un climat de forte polarisation. Plusieurs courants politiques semblent davantage animés par la défense d’intérêts individuels que par la recherche d’une réponse durable à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. À ce stade, aucun compromis consensuel n’a réussi à s’imposer.
Divers scénarios sont évoqués : certains avancent une solution portée par la Cour de cassation, d’autres mettent en avant l’Office de la protection du citoyen (OPC), tandis que des propositions alternatives émergent sans parvenir à rallier une majorité. Cette pluralité de pistes, loin de rassurer, révèle surtout l’absence d’un cadre commun de référence et accentue l’incertitude politique.
Dans ce contexte, Smith Augustin alerte sur les risques considérables qu’entraînerait un départ du CPT sans entente politique préalable au 7 février. Une telle discontinuité pourrait, selon lui, provoquer un vide institutionnel, fragiliser davantage l’autorité de l’État et exacerber l’insécurité déjà endémique.
Alors qu’Haïti est confrontée à une insécurité généralisée, à une crise humanitaire persistante et à une profonde défiance envers les institutions, une transition mal encadrée risquerait de compromettre les maigres avancées réalisées, notamment dans les domaines sécuritaire et électoral.
Dès lors, la question fondamentale se pose : la solution ne gagnerait-elle pas à être construite avec le CPT plutôt que dans une logique d’affrontement ? Pour le conseiller-président, le CPT demeure un cadre imparfait mais indispensable, susceptible d’accueillir une concertation nationale élargie et constructive.
Smith Augustin rappelle enfin que le renforcement des forces de sécurité, la relance crédible du processus électoral et la stabilisation politique exigent du temps, de la méthode et une indépendance vis-à-vis des pressions extérieures. Il en appelle à un sursaut de responsabilité collective, invitant les acteurs politiques à privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
En définitive, la position du conseiller-président s’inscrit dans une logique de continuité maîtrisée, visant à prévenir une nouvelle rupture institutionnelle. Sauvegarder le dialogue politique apparaît, à ses yeux, non seulement réalisable, mais impératif. Cette démarche passe par une solution haïtiano-haïtienne inclusive, élaborée avec le CPT et fondée sur le respect de la souveraineté nationale.
À l’approche du 7 février, le véritable défi demeure donc la capacité des forces politiques à dégager un socle minimal de consensus, afin d’éviter que cette date charnière ne se transforme en un nouvel épicentre de crise pour un pays déjà durement éprouvé.
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